Peu connues, souvent agressives, les tumeurs pédiatriques, très différentes de celles qui touchent les adultes, demeurent malgré les importants progrès réalisés depuis 20 ans encore trop fréquemment impossibles à soigner. En France, ce sont près de 2500 enfants malades, avec 500 nouveaux diagnostics posés chaque année. Sur quatre enfants malades, il y en a un pour lequel à aujourd’hui on ne peut rien. Les protocoles couramment utilisés en oncologie sont inadaptés car un enfant n’est pas un adulte miniature. Il existe plus de soixante types de cancers de l’Enfant et chacun est une maladie rare. Ils représentent à peine 1% des tumeurs cancéreuses diagnostiquées par an. Les financements publics étant répartis en fonction du nombre de « cas », ils sont insuffisants pour permettre des recherches sur ces tumeurs isolées et les fonds privés des associations sont nécessaires pour accompagner les chercheurs français dans leurs travaux.

Qu’est-ce que le cancer de l’Enfant ?

Les cancers de l’enfant sont des proliférations de cellules anormales (cancéreuses) dans un organe ou dans la moelle osseuse. Il existe plusieurs types de cancers chez l’enfant, et ils sont différents des cancers de l’adulte. On distingue : Les leucémies lorsque le point de départ de la prolifération des cellules cancéreuse est situé dans la moelle osseuse, Les tumeurs solides, lorsque le point de départ est situé dans un organe. Parfois les cellules cancéreuses passent dans le sang et vont se fixer à distance dans un autre organe, on parle alors de « métastases ». Les cancers de l’enfant résultent d’accidents cellulaires successifs, qui vont altérer le programme génétique de la cellule et la transformer en une cellule cancéreuse. La prolifération non contrôlée des cellules cancéreuses va aboutir à la formation d’un cancer. La cause déclenchante de survenue d’un cancer est le plus souvent inconnue. Les formes héréditaires de cancer sont rares, mais il peut exister une prédisposition génétique au cancer, et le rôle de facteurs de l’environnement (agents physiques ou chimiques) est en cours d’étude. Les projets de recherche financés par l’Étoile de Martin sont centrés sur les tumeurs solides.

Ces tumeurs presque inconnues du grand public pour certaines.

Tumeurs cérébrales : https://www.gustaveroussy.fr/fr/content/tumeurs-cerebrales Médulloblastome et PNET : https://www.gustaveroussy.fr/fr/content/medulloblastome-et-pnet Gliomes : https://www.gustaveroussy.fr/fr/content/gliomes Néphroblastome : https://www.gustaveroussy.fr/fr/content/nephroblastome Neuroblastome : https://www.gustaveroussy.fr/fr/content/neuroblastome Sarcome d’Ewing : https://www.gustaveroussy.fr/fr/content/sarcome-ewing Ostéosarcome : https://www.gustaveroussy.fr/fr/osteosarcome Tumeurs osseuses : https://www.gustaveroussy.fr/fr/content/tumeurs-osseuses Rhabdomyosarcome : https://www.gustaveroussy.fr/fr/content/rhabdomyosarcome Sarcomes des parties molles : https://www.gustaveroussy.fr/fr/content/sarcomes-des-parties-molles-tmm Tumeur desmoide : https://www.gustaveroussy.fr/fr/content/tumeur-desmoide Tumeurs du foie : https://www.gustaveroussy.fr/fr/content/tumeurs-du-foie Tumeurs génitales : https://www.gustaveroussy.fr/fr/content/tumeurs-genitales Tumeurs germinales : https://www.gustaveroussy.fr/fr/content/tumeurs-germinales Tumeurs rares : https://www.gustaveroussy.fr/fr/content/tumeurs-rares-enfants-adolescents

Quels sont les symptômes et les conséquences ?

Les symptômes du cancer de l’Enfant varient selon le type de la tumeur en cause. Cependant, certaines conséquences de la maladie et de ces traitements sont communes à toutes ces tumeurs. Leur expression est inconstante et variable pour chaque enfant. Les conséquences à court terme Il s’agit d’effets indésirables. Le cancer et l’administration des différents traitements sont souvent responsables d’une grande fatigue. La chimiothérapie peut provoquer la chute des cheveux, des nausées et/ou des vomissements, une fragilité de la peau et du tube digestif (responsable de diarrhées et de mucites), une fragilité face aux infections et parfois, une aplasie médullaire. Les chimiothérapies bloquent temporairement l’activité de la moelle osseuse, entraînant une diminution de la production des cellules sanguines. C’est l’aplasie. Une diminution du nombre de globules rouges (anémie) entraine une fatigue, une pâleur. Une diminution du nombre de plaquettes (thrombopénie) entraîne un risque hémorragique. Une diminution du nombre de globules blancs (leucopénie) – en particulier des polynucléaires neutrophiles (neutropénie) ou des lymphocytes (lymphopénie) – entraîne une diminution des défenses immunitaires et donc un risque infectieux. Dans certains cas, des transfusions (plaquettes et globules rouges) sont fréquemment nécessaires. L’enfant présente quasiment toujours à un moment de son traitement des douleurs, liées à son cancer, ou secondaires à une complication des traitements administrés. Tous ces effets indésirables sont réversibles à l’arrêt des traitements. Les conséquences tardives Il s’agit des « séquelles ». Elles sont inconstantes et dépendent des traitements reçus ainsi que du type de cancer traité. Parmi les plus courantes, on peut retrouver :

  • Les déficits sensoriels : déficit de l’audition, déficit visuel.
  • Les déficits loco-moteurs : ils peuvent être la séquelle d’une tumeur cérébrale, ou liés à l’amputation d’un membre et une prothèse orthopédique est alors proposée.
  • Lorsqu’un enfant a bénéficié d’un traitement conservateur de son membre, il peut garder des séquelles fonctionnelles (mobilité articulaire incomplète, force musculaire diminuée, station debout pénible).
  • La fragilité cutanée : qui rend plus sensible à l’exposition solaire prolongée.
  • Les troubles cognitifs : ils sont responsables de difficultés d’apprentissage (en particulier, chez l’enfant opéré d’une tumeur cérébrale et/ou ayant reçu une radiothérapie cérébrale).
  • Les troubles psychologiques.

Quels sont les traitements ?

L’enfant reçoit des traitements anti-cancéreux et des traitements associés adaptés au type de cancer traité, constitués par une ou plusieurs des thérapies suivantes : La chimiothérapie : elle s’administre le plus souvent par voie intraveineuse via le cathéter central, à l’hôpital et de façon séquentielle. Certaines chimiothérapies peuvent également être données par la bouche (un médicament pris quotidiennement ou mensuellement). La radiothérapie. La chirurgie : elle peut parfois être le seul traitement du cancer, mais elle est le plus souvent associée à d’autres traitement. La greffe ou l’autogreffe de cellules souches hématopoïétiques. L’immunothérapie : nouvelle voie très prometteuse, elle consiste à stimuler et « éduquer » le système immunitaire pour qu’il se défende lui-même.

Les traitements associés, en complément du traitement anti-cancéreux :

Les médicaments anti-douleurs, lorsqu’ils sont nécessaires. La transfusion : elle permet d’apporter des globules rouges ou des plaquettes, lorsque leur taux baisse et devient insuffisant. Les antiémétiques : ces médicaments permettent d’éviter ou de réduire les vomissements secondaires à la chimiothérapie et/ou à la radiothérapie. Les antibiotiques : leur recours est parfois nécessaire lorsque l’enfant présente une fièvre, surtout pendant la période de plus grande fragilité aux infections (aplasie médullaire). Le soutien psychologique de l’enfant et de sa famille par des thérapeutes professionnels, mais également des moments de bien-être lors des hospitalisations. Les Arts plastiques, la musique, la magie et plein d’autres ateliers permettent à l’enfant de rester un enfant. De plus en plus souvent, les parents et la fratrie sont également pris en charge pour des moments ludiques, car le combat impacte toute la famille.

Paru en 2014, le guide Mon enfant a un cancer : comprendre et être aidé est coédité par l’Institut National du Cancer (INca) et la Société Française de lutte contre les cancers et Leucémies de l’enfant et de l’adolescent (SFCE), avec le soutien financier de la Ligue nationale contre le cancer.
Sources : Institut National du Cancer, Société Française de lutte contre les cancers et les leucémies de l’enfant et de l’adolescent, Institut Gustave Roussy.